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jeudi 9 janvier 2014

Les échos de la défaite de Cao Bang dans la presse française [archives]




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Remarquez les titres beaucoup plus gros de "France-Soir" et du "Progrès", ainsi que le commentaire très "communiste" de l'Humanité : "Il est urgent d'arrêter la Sale Guerre". De même, ce journal utilise l'expression "défaite meurtrière", un titre fort, alors que le Figaro affiche un bel euphémisme, long et atténué : "Le gros de la colonne engagée (...) a succombé sous les coups du Vietminh".
   Autre élément intéressant : sur la première page du "Monde", la Guerre de Corée occupe presque autant de place que la partie consacrée à la défaite de Cao Bang. Ce conflit de la Guerre froide occupe donc le devant de la scène et il permet au gouvernement de cacher son échec en Indochine.
   Dernière information intéressante : aucun titre ou sous-titre ne mentionne le terme de "RC4" ou de route coloniale 4, ce qui explique que le sens de ce dernier soit essentiellement connu des militaires.....

mardi 31 décembre 2013

L'opération "Léa" en 1947 : un "bouclage" si parfait...[Archives]

 
 


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L'opération "LEA" a été lancée en 1947 pour reconquérir le nord du Vietnam et pour affaiblir le Vietminh.
   Elle fut un mélange de "Marketgarden" (en 1944) et des batailles d'encerclements livrées par les nazis en 1941 lors de "Barbarossa". En effet, elle combinait une manoeuvre en tenailles, des raids aéroportés, suivis de percées exécutées par des groupements blindés, .... Elle nous montre qu'en 1947, l'état-major français avait encore en tête de livrer une guerre classique et d'affronter un adversaire régulier. Il n'avait pas compris qu'il avait affaire à un conflit asymétrique, face à une guérilla privilégiant le harcèlement. Giap et les Viets ont évidemment évacué la zone en refusant le combat. L'opération ne bénéficia d'aucun effet de surprise, le Vietminh étant trop bien informé sur les intentions et les mouvements des français. Les officiers du corps expéditionnaire se vantèrent d'avoir capturé quelques prisonniers et quelques stocks d'armement, mais la conquête n'était pas le plus dur : encore fallait-il pouvoir "tenir" et "sécuriser" cette vaste zone !
   A noter que dans les années 1980, en Afghanistan, les soviétiques feront plusieurs "opération Léa" dans la vallée du Pandjchir face au commandant Massoud. Ils ne rencontreront pas plus de succès que les français....

lundi 30 décembre 2013

Témoignage de l'ancien combattant Jack Bonfils sur la défaite de Cao Bang en 1950 :





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Jack Bonfils fut lieutenant au IIIe/3ème REI (régiment étranger d'infanterie). Il a combattu lors du désastre de la RC4 en 1950, en faisant partie de la colonne Charton. J'ai toujours admiré son courage et son humanité, notamment lorsque je l'ai "interviewé" pour mon mémoire. Cet homme m'a beaucoup soutenu dans mon travail et il m'a aidé à découvrir la vérité au sujet du rôle joué par le colonel Constans. 
  M. Bonfils faisait partie de ceux "qui aimaient l'Indochine", c'est-à-dire qui appréciaient ce pays, ses paysages et sa population. Ceci explique, qu'il contribua à fonder l'ANAPI, l'association national des anciens prisonniers d'Indochine et qu'avec elle, Jack Bonfils maintint des liens importants avec les vietnamiens. Ensemble, ils participèrent à des projets humanitaires, dont la construction d'écoles, près de l'ex-RC4.
  Son témoignage permet d'avoir des réponses au sujet d'une évacuation possible de Cao Bang par la RC4 et sur le choix de Coc Xa, comme lieu de rendez-vous entre Charton et Lepage.

Le renforcement du Vietminh en 1950 grâce aux chinois et l'aide US donnée aux français [archives]

 

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Ces deux archives (10 H 2356 et 10 H 154-155 du SHAT) prouvent que la Guerre d'Indochine est bel et bien un conflit qui s'est rapidement "internationalisé".
  Dès 1949, la Chine communiste entame ses livraisons d'armes au Vietminh, car elle est débarrassée de Tchang Kaï-Chek. De nombreux avions de reconnaissance de l'armée de l'air franchissent la frontière sino-vietnamienne et ils rapportent que les Viets s’entraînent, s'arment et qu'ils se renforcent. Que se soit par la mer ou par la terre, les livraisons d'armement lourd s'intensifient.
  A partir de 1950 et en lien avec la Guerre de Corée, le gouvernement américain cesse de considérer l'action française comme une œuvre impérialiste, mais il la voit désormais comme un rempart face à l'expansion communiste. Du coup, Washington va livrer des armes à Paris, va transférer des fonds financiers et son intervention va "booster" l'armée de l'air présente en Indochine. Une majorité des supplétifs vietnamiens combattant aux côtés des français seront équipés d'armes américaines.... 
  Après la création des "Dinassaut" (divisions navales d'assauts, c'est-à-dire des forces fluviales) et des Groupements mobiles, un des remèdes trouvés par les français est de chercher des hommes du côté des ethnies locales anti-communistes et de récupérer les armes données par les américains...

Défaite de Cao Bang : itinéraires de repli possibles et pertes [archives]



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En 1950, tout le monde était d'accord dans l'état-majors français pour évacuer la garnison de Cao Bang, surtout aux vues des embuscades meurtrières qui frappaient la RC4, mais la question était de savoir comment.
Un pont aérien semblait long et difficile à mettre en place. Par contre l'itinéraire de la RC3 apparaissait plus favorable. En effet, bien que ce trajet soit le plus long, il présentait plusieurs avantages :
1° La route coloniale 3 était moins dangereuse, moins encaissée.
2° En l'empruntant, la garnison de Cao Bang s'éloignait du centre de gravité vietminh, situé à la frontière chinoise, pour se rapprocher progressivement des forces "amies".
3° Les forces parachutée peu de temps avant à Thaï Nguyen auraient pu "tendre la main" à la colonne de Charton venant de Cao Bang.
Malheureusement, c'est la RC4, avec ses nombreux "coupe-gorges" et son "nœuds" peu sûr de Dong Khé qui a été choisi.

Les deux autres illustrations sont des télégrammes, que le général en chef Charpentier a envoyé au président du conseil, la haute autorité politique de l'époque. Dans ceux-ci, il donne un premier décompte des pertes suite au désastre de la RC4 (carton d'archives 10 H 1264 du SHAT).

dimanche 29 décembre 2013

Plusieurs profils de soldats ayant combattu en Indochine (1946-1954)


Cette classification essaie de distinguer les différents types de soldats qui ont combattu aux côtés des français durant la Guerre d'Indochine. Encore une fois, elle est imparfaite et des combattants peuvent rentrer dans plusieurs catégories, mais je la trouve simple et claire.
 Première précision : parmi les "soldats non-français volontaires", il y a tous les combattants de la fameuse Légion étrangère. A l'époque, on y trouvait notamment beaucoup d'allemands, beaucoup d'anciens soldats de la Wehrmacht. Il y a tous les marocains et les algériens formant des bataillons de tabors, de goumiers, .... Il y a enfin les supplétifs, c'est-à-dire les vietnamiens pro-français.
 Deuxième précision : certains bataillons vietnamiens ou marocains étaient considérés à l'époque comme des unités d'élite, des soldats professionnels.
 Troisième précision : certains ex-soldats de la Seconde Guerre mondiale étaient des marocains.
Par conséquent, ma classification est pertinente et "visible", mais elle a des limites : mes catégories ne sont pas "étanches".

Désastre de la RC4 ou la défaite de Cao Bang en 1950 (Conclusion de Mémoire)

Je vous joins ici la conclusion de mon mémoire de maîtrise sur le désastre de Cao Bang d'octobre 1950, que l'on appelle aussi la défaite de la route coloniale 4 (RC4). Il s'agit d'un grave échec pour les français en Indochine, puisque on atteint presque les 90% de pertes.
   Il s'agit clairement du tournant du conflit Indochinois, puis que le Vietminh passe du harcèlement et des d'embuscades, à la guerre classique, faite de batailles rangées, livrées de jour en rase campagne. Vo Nguyen Giap et ses troupes ont bénéficié des livraisons d'armes chinoises et des erreurs stratégiques commises par le haut-commandement français, ainsi que des hésitations des dirigeants politiques de la IVe république (dont l'affaire du général Revers). Du coup, les colonnes Lepage et Charton ont payé le prix fort.
   Après Cao Bang, le général de Lattre de Tassigny va remplacer le général Charpentier, et il va surtout stabiliser la situation (Vinh Yen en 1951). Cependant, la guerre est déjà perdue et les français sont incapables de reprendre l'avantage (comme le prouve la bataille d'Hoa Binh en 1951-1952). Les colonisateurs se tournent du coup de plus en plus vers l'aide américaine et vers le soutien des supplétifs vietnamiens.
   A noter que plusieurs années après la rédaction de ce travail, j'ai appris par l'ex-officier Jack Bonfils que le colonel  Constans, ne fut pas forcément le parfait incapable que l'on a décrit, mais qu'il fut sans doute un "bouc émissaire".... (voir le livre de CONSTANS Louis, Le Fuyard de Lang Son : autopsie d'une légende noire, Contre-Enquête, Indo Editions, Paris, 2005).

(Rappel : N'hésitez pas à cliquer du droit et à sélectionner "afficher l'image" pour mieux voir.)



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